Samedi, 19 mai 2012

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Le français et la science

Sujet chaud s’il en est un chez les défenseurs de la langue française.  Le professeur Robert Emery Prud’homme (Université de Montréal) présente un point de vue sur La science en anglais,dans une lettre ouverte le 26 janvier 2012.

En voici de courts extraits :

De façon plus globale, j’ai pu constater à plusieurs reprises que le débat sur l’utilisation de l’anglais en sciences devient rapidement émotif. Une des raisons à cela est la confusion entre deux choses: la présence de l’anglais au Canada — sphère politique — et la domination de l’anglais en sciences — sphère scientifique.

De façon générale, il faut se demander où situer la ligne de démarcation sur la question de l’utilisation de l’anglais en sciences. Plusieurs de ma génération ont régulièrement protesté et, dans certains cas, continuent à le faire auprès des organismes professionnels canadiens dont la correspondance, le mensuel, le site Web et le personnel sont souvent unilingues anglophones. Les jeunes professeurs francophones sont-ils sensibles à ces questions?

Dans ce contexte, la question ultime est celle de notre capacité future à discuter de science en français: serons-nous encore capables de le faire dans 20 ans? Même si, à mon avis, pour échanger nos résultats et nos méthodes, nous devons utiliser la langue internationale commune dans nos conférences et articles scientifiques, il faut conserver des tribunes où le français est dynamiquement utilisé. Sinon, dans quelques années, nos cours devront être donnés en anglais ou en charabia, c’est-à-dire dans un mélange de français et d’anglais. »

 


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Lettre ouverte au scientifique en chef du Québec

« Monsieur Rémi Quirion, vous vous apprêtez aujourd’hui à faire votre première apparition dans une tribune publique depuis votre nomination le 1er juillet 2011. Or, ce ne sont pas des chercheurs qui vous écouteront, mais les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Vous leur parlerez, entre autres, «de la création de nouveaux partenariats entre les secteurs public et privé, du lien étroit entre la performance économique et la place accordée au savoir». Votre choix d’un premier auditoire n’est pas neutre: il traduit votre adhésion à un modèle de développement de la recherche scientifique orienté vers l’économie, connu et promu sous le nom d’«économie du savoir» ou de capitalisme cognitif. »

 

Ainsi débute une lettre ouverte à l’intention du nouveau scientifique en chef du Québec, M. Rémi Quirion, publiée dans Le Devoir du 6 octobre 2011.   Cette lettre est préparée à l’initiative de Florence Piron, professeure-chercheuse à l’Université Laval et Jean Bernatchez, professeur-chercheur à l’Université du Québec à Rimouski, membres de l’Association science et bien commun et endossée par de nombreux professeures, professeurs et chercheures, chercheurs du Québec.

 

Pour information, lire:

le communiqué Fonds de recherche du Québec – RÉMI QUIRION EST NOMMÉ SCIENTIFIQUE EN CHEF DU QUÉBEC ET SERA À LA TÊTE DES FONDS DE RECHERCHE DU QUÉBEC

Le scientifique en chef défendra la recherche libre, par Pauline Gravel, Le Devoir du 7 octobre 2011.

Le scientifique en chef veut changer les mentalités, par Martin Primeau, Cyber presse, la presse affaires, 07 octobre 2011.


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La vraie solution: un bannissement global de l’amiante

Par Sugio Furuyam, leader, et Kathleen Ruff, porte-parole, Délégation Solidarité Asie au Québec

Ce texte d’opinion a été publié dans La Tribune, le 7 janvier 2011

Nous sommes grandement déçus que François Vaudreuil, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), et Rodrigue Chartier, président du Syndicat national de l’amiante d’Asbestos, refusent d’appuyer le mouvement syndical international dans sa campagne pour un bannissement global de l’amiante.

La Confédération syndicale internationale (CSI) représente 160 millions de travailleurs dans 155 pays. Elle a vu trop de ses membres mourir de maladies associées à l’amiante, surtout des travailleurs de la construction. Elle appuie le grand consensus scientifique selon lequel l’amiante chrysotile cause une variété de cancers de même que l’amiantose. Il s’est avéré impossible de l’utiliser de façon sécuritaire partout dans le monde et son utilisation devrait être interdite partout.

Il importe de souligner que sur les 181 millions de tonnes d’amiante utilisées dans le monde entre 1900 et 2003, 173 millions de tonnes consistaient en de l’amiante chrysotile. Autrement dit, l’amiante chrysotile représente 95 % de tout l’amiante jamais vendu dans le monde.

Depuis la fin des années 1990, l’amiante chrysotile a représenté 100 % du commerce global en amiante.

Il est regrettable que M. Vaudreuil et M. Chartier, dans leur opinion publiée dans La Tribune du 11 décembre, aient mis de l’avant la désinformation voulant que si le Québec arrête d’exporter de l’amiante, c’est l’amiante amphibole qui sera alors utilisé. C’est complètement faux.

Il est compréhensible que M. Vaudreuil et M. Chartier veuillent soutenir des emplois pour la ville d’Asbestos. Nous soutenons aussi des emplois pour la ville d’Asbestos. Mais pas des emplois qui, comme l’a dit la Société canadienne du cancer, «vont aider à étendre l’épidémie globale de cancers associés à l’amiante et nuire à la réputation du Canada comme chef de file en santé publique».

Nous avons donc demandé au gouvernement du Québec d’investir les 58 millions $ pour créer des emplois durables pour l’avenir d’Asbestos, et non dans une industrie en faillite, moribonde et mortelle.

Nous avons d’un côté des autorités médicales réputées et de renom _ les Associations médicales canadiennes et du Québec, la Société canadienne du cancer, l’Association pour la santé publique du Québec, le Lancet, l’Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, l’Institut national de santé publique du Québec.

Désinformation

De l’autre côté, nous avons les organisations ayant un intérêt économique dans l’amiante mais aucune crédibilité scientifique, tel que les groupes de pression pour l’amiante, soit l’Institut du chrysotile et le Mouvement pro-chrysotile.

C’est la même situation que l’on retrouvait par rapport au tabac il y a quelques décennies, avec les campagnes de désinformation et la promotion du doute quant aux méfaits du tabac, campagnes menées par l’Institut du tabac, modèle dont s’inspire d’ailleurs l’Institut du chrysotile.

Le débat scientifique sur l’amiante chrysotile est terminé. L’écrasant consensus scientifique est clair: l’amiante chrysotile nuit de façon importante à la santé humaine, ne peut être utilisée de façon sécuritaire et devrait être interdit.

C’est pourquoi le mouvement syndical global travaille avec l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation internationale du travail pour en finir avec toute utilisation de l’amiante. C’est pourquoi plus de 50 pays ont banni l’amiante et c’est pourquoi des pays comme le Canada et les États-Unis l’ont aussi pratiquement banni.

L’industrie québécoise de l’amiante travaille de près avec le lobby russe de l’amiante et, en disséminant de l’information trompeuse alléguant qu’il peut être utilisé de façon sécuritaire, aide grandement la Russie à exporter son amiante. Le Québec est en fait considéré comme un des plus grands obstacles aux efforts de santé publique pour mettre fin à l’utilisation de l’amiante.

Au lieu d’écouter ceux qui travaillent pour, et son payés par, l’Institut du chrysotile, tels que le Dr Jacques Dunnigan et le Dr David Bernstein dont les avis sont complètement répudiés par les organisations scientifiques de renom, MM. Vaudreuil et Chartier feraient bien d’écouter les autorités de santé du Québec de même que leurs 160 millions de frères et soeurs dans le monde syndical.

Nous réitérons notre demande au maire d’Asbestos, Hughes Grimard, qu’il s’excuse pour sa conduite choquante. Il n’a pas eu même la courtoisie de répondre à nos deux lettres dans lesquelles nous lui demandions poliment une rencontre avec les citoyens d’Asbestos. Il a plutôt procédé à des accusations non fondées et insultantes dans La Tribune, alléguant que nous sommes payés par des intérêts innommés.

Notre délégation est formée d’activistes en santé publique hautement respectés, d’un leader syndical, de victimes de l’amiante et d’une leader canadienne sur les droits humains. Des syndicats canadiens et internationaux, des organisations de victimes, des organisations oeuvrant pour bannir l’amiante et des activistes en santé ont contribué aux dépenses de voyage de la délégation, car ils considéraient essentiel que des voix de l’Asie soient entendues, puisque tout l’amiante serait envoyé en Asie.


Dangers de la marchandisation des programmes d’études

Le lancement du livre La Tour de papier – L’université à quel prix ? de James E. Côté et Anton L. Allahar était l’occasion de susciter un débat sur les droits de scolarité.  L’Événement s’est tenu le 13 octobre 2001 à la Librairie Olivieri.

De gauche à droite, Laurent Viau (UQAM), Cécile Sabourin (UQAT, Économie autrement, Comité Sciences et démocratie), Michel Seymour (U. de Monréal, animateur), Françoise Naudillon (U. Concoordia, FQPPU), Louis Dumont (U. de Montréal)

Traduit de l’anglais, La Tour de papier parle expressément de la situation dans les universités du Canada anglais, là où les droits de scolarité représentent déjà un coût relativement élevé pour les étudiantes et les étudiants.  En ce sens, on pourrait penser que les propos des auteurs s’adressent moins à la situation au Québec où les frais demeurent plus modestes.  Pourtant, ce n’est pas le cas.  Au delà et en dépit de la hauteur des droits de scolarité, toutes les universités au Canada, et aux Etats-Unis, considèrent de plus en plus que leurs programmes d’études constituent des produits à vendre, faisant ainsi de la connaissance une marchandise.   On a beaucoup parlé de la commercialisation de la recherche.  La situation est-elle différente lorsqu’il s’agit de l’enseignement ?

La Tour de papier porte en fait sur les conséquences de l’intrusion du marché dans les relations entre professeurs et étudiants et chez les parents.  (voir les chapitres 2, 3 et 4).

En adoptant des pratiques de gestion qui se modèlent sur celles du milieu des affaires et en introduisant l’idée d’offre et de demande dans les transactions entre eux, leurs attentes et leurs comportements se transforment. D’une part, les études s’assimilent à l’achat d’un diplôme au meilleur coût, c’est-à-dire le moins d’efforts possible et la meilleure notation.  L’obtention du diplôme vise à obtenir un emploi payant, qui d’ailleurs n’est pas toujours au rendez-vous une fois les études terminées.  D’autre part, les prestations d’enseignement s’assimilent à la vente de services pour satisfaire un client immédiatement parfois avec l’espoir d’obtenir une bonne évaluation de ses cours.  Tous ne succombent pas à la tentation du marchandage, cependant, comme nous en informent les auteurs du livre, la présence de tels comportements est suffisamment vigoureuse pour transformer les universités.   Enfin, les auteurs abordent les attentes des parents qui ne sont pas épargnés par ces influences.

Les auteurs expriment leurs inquiétudes et surtout terminent (avec le chapitre 5) leur ouvrage en affirmant l’importance de maintenir bien vivante les finalités de l’université et  le rôle de l’enseignement supérieur dans le développement d’une société démocratique.   C’est sans surprise que les auteurs insistent en particulier sur la place que la philosophie, les lettres et les sciences humaines et sociales doivent continuer à occuper dans la formation universitaire afin d‘entretenir les valeurs critiques, démocratiques et égalitaires.  En effet, la conception marchande de la connaissance et des programmes d’études pousse à négliger les connaissances dont on ne perçoit pas une valeur commerciale immédiate.

Les droits de scolarité : un enjeu politique

Les connaissances, ne sont pas des marchandises, les études et les diplômes ne sont pas des produits industriels.  Cette constatation exige que la société dans son ensemble, le système économique et les pouvoirs publics traitent les institutions qui sont responsables de la production et de la transmission des connaissances de manière appropriée. C’est loin d’être le cas!

La question des doits de scolarité  constitue un enjeu politique.  Elle dépend de l’importance que la société dans son ensemble accorde à l’éducation comme bien public accessible à tous, c’est-à-dire que chacun puisse acquérir des connaissances et savoirs selon ses talents et développer son potentiel de manière à contribuer positivement non seulement à son propre épanouissement mais aussi au développement de la société.   En somme avoir la capacité et la volonté de faire des études supérieures et y mettre les efforts nécessaires.  En ce sens, Si l’éducation est un droit, mais obtenir un diplôme n’en est pas un.

Les études supérieures ont des finalités particulières qui ne conviennent pas à tous.  Côté et Allahar y font référence en rappelant de la dimension intellectuelle des études universitaires.

En ce moment, en insistant sur l’individualisation des bénéfices que procure un investissement dans les études universitaires, on façonne l’opinion à assimiler cet investissement à un investissement financier et à accepter l’individualisation des coûts pavant ainsi la voie à la hausse et à la différenciation des droits de scolarité selon les programmes.  Est-ce vraiment un choix de société ?

Dans les années 60, on a fait le choix de rendre accessible sur tout le territoire les écoles secondaires gratuites.  On a aussi créé un réseau de collèges accessible gratuitement dans toutes les régions, puis ce furent les universités, par le réseau des Universités du Québec à être accessibles sur tout le territoire.

En 2010, 50 ans plus tard,  l’éducation à tous les niveaux mérite-t-elle d’être banalisée comme si c’était une vulgaire marchandise, un produit industriel ?  Ou bien mérite-t-elle un véritable débat public ?  Peut-être la gratuité scolaire mérite-t-elle d’être choisie à nouveau comme priorité québécoise, cette fois jusqu’au baccalauréat pour éventuellement nous conduire à la gratuité pour tous à les cycles d’études.  En débattre collectivement en vaut certainement la peine!

Voir aussi La Tour de papier … parle aussi de la responsabilité des universités

Pour écouter les propos émis lors de la Table ronde, se brancher sur Radio Spirale, puis descendre jusqu’à Faut-il hausser les droits de scolarité  dans la colonne les événements Olivieri et télécharger


Recherche scientifique et décision politique

Clermont Gauthier et Anthony Cerqua signaient le texte Sur quoi repose une décision politique ? dans la page Idées du journal Le Devoir le 2 septembre 2010.  Ce texte porte un dur coup à l’idée que les chercheures et chercheurs universitaires se font de l’importance et de la qualité de leurs propres recherches.  Mettant en évidence les résultats d’une recherche exploratoire effectuée aux États-Unis par Nelson, Leffler et Hansen, publiée en 2009, les auteurs soulèvent un questionnement essentiel  au regard des fondements des décisions politiques, dans ce cas-ci en matière d’éducation.

En dépit des limitations clairement exprimées, le Rapport Toward a Research Agenda for Understanding and Improving the Use of Research Evidence exprime clairement que de nombreuses considérations autres que les résultats des recherches scientifiques contribuent aux décisions d ‘ordre politique dans le domaine de l’éducation.  Lors de la prise de décisions « … les participants disent être influencés par des considérations politiques, légales, économiques, par l’opinion publique, par la pression des medias et par le bien-être des individus. »  Il ressort aussi que les répondants  « n’établissent pas de distinction entre les résultats fondés sur la recherche empirique (scientifically based research) et les autres sources d’information comme les medias, les revues de vulgarisation professionnelle, l’expérience (leur propre expérience ou l’expérience des autres) et l’intuition.  Les participants disent utiliser ces sources d’information de façon « interchangeable », comme si l’une valait l’autre. »

Cette étude très fouillée effectuée dans le contexte étatsunien peut-elle nous alerter quant aux circonstances d’ici, à savoir l’existence d’un fossé entre les milieux scientifiques et les instances décisionnelles dans l’un ou l’autre secteur d’activité.  Pour les universitaires qui ont à cœur de contribuer par leurs travaux au mieux-être de la société tout comme pour les contribuables qui ont des attentes à l’endroit des chercheures et chercheurs qui reçoivent une grande partie de leur soutien financier des pouvoirs publics, la question mérite d’être posée.

Au nombre des réponses avancées par Nelson, Leffler et Hansen pour faciliter l’utilisation des données scientifiques par les milieux de pratique, qui sont reprises dans le texte de Gauthier et Cerqua, on mentionne « la qualité et le format des données de recherche » du fait de la « préférence pour les rapports de recherche d’une ou deux pages, écrits avec un police de grande taille et rédigés dans un langage non technique »,  les structures organisationnelles qui ont un devoir d’encourager l’utilisation des données de recherche et enfin les intermédiaires entre chercheures, chercheurs et utilisateurs.  Les responsabilités sont inévitablement partagées.

Gauthier et Cerqua en profitent pour alerter la nouvelle ministre québécoise de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) quant aux personnes qu’elle « écoutera » et dont elle s’entourera au moment où elle déclare qu’elle se veut « à l’écoute ».

Cet article est aussi publié à l’adresse suivante : http://respoinfo.org/blogue/savoirs/2010/09/3077/recherche-scientifique-et-decision-politique/


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Mémoire au sujet de l’amiante – Projet de loi n°79 modifiant la Loi sur les mines

Le Dr Fernand Turcotte, Professeur émérite au département de médecine sociale et préventive, Faculté de Médecine, Université Laval, Québec et de nombreux autres signataires déposent un mémoire afin de dénoncer le soutien accordé par le gouvernement québécois à l’exploitation, l’utilisation et la commercialisation de l’amiante chrysotile.

Le Mémoire portant sur le Projet de loi #79 modifiant la Loi sur les mines énonce les motifs d’ordre économique, environnemental et surtout les motifs reliés à la santé publique qui imposent la nécessité d’un changement de la Stratégie minière québécoise.

Le Mémoire dénonce les contradictions entre les résultats d’études réalisés par des agences du gouvernement du Québec au sujet de l’utilisation sécuritaire de l’amiante chrysotile et les politiques gouvernementales.  Les experts en santé publique au Québec, au Canada et à l’OMS demandent que cessent l’exploitation et l’exportation de cette substance.  Des objectifs de rentabilité économique à court terme et l’intérêt financier de l’industrie ne peuvent plus continuer à prédominer lorsque la santé de milliers, voire de millions de personnes est en jeu.

D’autres raisons militent en faveur d’une modification de la stratégie québécoise à l’égard de l’amiante. Cette substance est reconnue comme une « bombe à retardement » qui rend inéluctable son élimination comme c’est le cas présentement au Québec et au Canada où, aux frais des contribuables, on retire l’amiante des bâtiments.

En outre, les dénonciations et poursuites au niveau international  non seulement exposent l’industrie de l’amiante québécoise à des amandes considérables mais aussi elles ternissent la réputation du Québec à l’étranger.

En somme les signataires recommandent « que le projet de loi 79 exige que le Québec cesse d’exploiter, d’utiliser et d’exporter l’amiante chrysotile.

 

Des points de vue économique, de la protection de la santé publique et de la réputation internationale du Québec, l’industrie de l’amiante n’est plus défendable.

 

C’est le moment pour la Commission parlementaire révisant le projet de loi 79 de respecter le devoir que l’honneur et l’éthique imposent au Québec comme à toute société civilisée de protéger la santé publique et  qu’en conséquence la commission recommande que le Québec cesse d’exploiter, d’utiliser et d’exporter l’amiante chrysotile. »


La science indépendante et rigoureuse est menacée

Sous le titre Comment « assassiner » un scientifique? Ou… comment sortir de la nouvelle « grande noirceur »? Éric Darier, Directeur de Greenpeace au Québec, propose son analyse du contexte inquiétant dans lequel les scientifiques sont présentement forcés de travailler. Ce contexte menace le fonctionnement qui garantit la qualité et la légitimité de la recherche scientifique.  Faire de la science exige le respect de règles qu’Éric Darier exprime ainsi : « Les scientifiques doivent suivre rigoureusement des processus scientifiques, dont la transparence des données, et des méthodes utilisées, ce qui permet à d’autres scientifiques indépendants d’examiner les résultats et les conclusions.

Or, ces règles devenues presqu’impossibles à appliquer sans interférences dues aux modes de financement de la recherche se traduisent entre autres par des formes de censure qui ne sont pas sans conséquences pour l’avenir de la recherche et des sociétés.  « Bref, les scientifiques, et la science en général, ont de moins en moins d’indépendance scientifique. »

D’urgence, il faut trouver des solutions.  L’auteur fournit « deux grandes solutions pour rétablir l’indépendance de la science :

  • Le financement à 100 % de conseils des sciences et la création de centres scientifiques citoyens indépendants. Dans le premier cas, c’est ce qu’il existait avant les partenariats publics privés. Parfois, les scientifiques avaient (comme notamment en France) un statut de fonctionnaires, ce qui leur permettait une certaine indépendance vis-à-vis d’intérêts économiques et même parfois une protection vis-à-vis des gouvernements!
  • La deuxième option vise à reconnaître que la science n’est pas « pure » et ni exempte de rapports de pouvoir qui existent dans la société et que le meilleur moyen de protéger la science et les scientifiques est la création de centres publics et indépendants de contre-expertises qui puissent faire contrepoids à la science corporative dominante. »

Le texte d’Éric Darier permet de saisir les enjeux et les exigences incontournables pour garantir le développement d’innovations technoscientifiques respectueuses de la science elle-même et de la société.  Il constitue une contribution au débat sur le financement et l’organisation de la recherche technoscientifique.


Pour une autre lecture des finances publiques – Au service du débat public

Cinquante économistes québécois proposent une autre lecture des finances publiques.  Et oui, la « science économique »  n’est pas une science exacte!  En débit des efforts soutenus de la part des comités consultatifs du gouvernement québécois actuel, et en particulier des travaux du Comité consultatif sur l’avenir du Québec et les finances publiques, il y a place au débat sur les perspectives économiques au Québec.

Dans son article du 25 février 2010 intitulé Le débat sur les finances publiques est en proie à des «mythes », Éric Desrosiers rend compte des réflexions du Collectif économie autrement, des économistes qui affirment la nécessité d’une lecture moins étroite et biaisée de l’état des finances publiques québécoises.

La mission que s’est donné le Collectif est de « réseauter des économistes pour une pensée économique autre » que la pensée dominante qui sclérose présentement les débats sur la place publique et de « favoriser l’éducation économique et l’échange citoyen ».  Il tenait le 24 février une première rencontre publique portant sur le texte collectif Pour une autre lecture des finances publiques diffusé afin de répondre  aux trois fascicules du Comité consultatif, co-présidé par le ministre des Finances, Raymond Bachand.

Des mythes faussent le débat actuel sur les finances publiques en exagérant le soi-disant problème de la dette au Québec.  Pourtant les représentants d’organisations et les citoyennes et citoyens présents à la rencontre publique ne sont pas dupes de la stratégie adoptée par le gouvernement pour façonner l’opinion publique et la préparer à accepter la dilapidation des services publics par leur soumission aux impératifs de la concurrence et du marché.  Plus de soixante personnes étaient présentes pour venir s’informer et discuter avec des représentants du Collectif.  La soirée s’est terminée en reconnaissant qu’il revient à tous et chacun de continuer à faire circuler les documents de réflexion et à susciter les débats qui s’imposent chacun dans son milieu.  De nombreux textes d’analyse sont disponibles sur le site.


L’université québécoise: Recoller les morceaux

Un petit billet pour vous signaler une série de vidéos produites par la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU).

Ci-dessus la bande Annonce de « L’université québécoise: Recoller les morceaux ».Le film complet est disponible gratuitement à l’adresse : http://fqppu.org/bibliotheque/publications1/luniversite-quebecoise-recoller-les-morceaux.html

Ce film traite de l’évolution du milieu universitaire et du métier de professeurE.

Des suppléments forts intéressants peuvent également être consultés :
Bons visionnements !


Non au privé à la tête des universités

Avec le projet de loi 38 sur la gouvernance universitaire, des représentants de l’entreprise privée pourront diriger les universités québécoises. Majoritaires aux conseils d’administration, ils fixeront les grandes orientations des universités. Les cours et les services offerts, les conditions de travail, la recherche, la création et la vie académique dépendront de leurs décisions.

La nature même de l’institution universitaire, qui est d’intérêt public, en sera transformée. Cela porte atteinte aux principes fondamentaux de liberté intellectuelle, de collégialité et d’accessibilité qui ont permis, depuis 40 ans, la démocratisation et l’expansion de l’enseignement universitaire au Québec.

Plutôt qu’une loi sur la gouvernance, le Québec a besoin d’un plan de développement des universités.

Exigeons le retrait du projet de loi 38
et la tenue d’États généraux sur l’université québécoise.

Signez la pétition électronique, sur le site de l’Assemblée nationale du Québec, à l’adresse qui suit :

http://www.assnat.qc.ca/petition/SignerFr.aspx?idPetition=99

IL Y A URGENCE : la période de signature se termine le 6 mars.

Pour plus de renseignements, consultez  www.fqppu.org OU www.loi38.com

MERCI DE DIFFUSER LARGEMENT CE MESSAGE

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message original de Max Roy
Président
Fédération québécoise des professeures
et professeurs d’université (FQPPU)