Par Cécile Sabourin du Collectif Économie autrement
Plusieurs économistes hétérodoxes, qu’ils soient universitaires, retraités, chercheurs dans des instituts ou professionnels de recherche dans les syndicats et organisations à but non lucratif jouent un rôle essentiel et ont des responsabilités au regard des débats sur la scène publique.
Au nombre de leurs contributions récentes sur un sujet crucial pour le Québec, il y a l’organisation d’une série d’assemblées publiques à Québec, à Trois-Rivières et à Montréal afin de mettre en discussion des propositions pour renouveler l’approche québécoise en matière de finances publiques. Quelque 225 personnes participaient le 24 février 2011 au Forum Autres voix … autres choix … où l’on a discuté six propositions, point de départ à l’élaboration de nouvelles approches en matière de finances publiques. Ce Forum aura des suites, notamment sous forme de rapport. En attendant, voici une courte synthèse découlant de ma participation au Forum.
Le texte reproduit plus bas est déjà en ligne sur le site respoinfo.
Au lendemain du Forum sur les finances publiques
Plus de 200 personnes réunies afin de discuter d’alternatives en matière de finances publiques au Québec sont reparties avec un certain espoir pour l’avenir.
Si à court terme, il paraît difficile de renverser le rouleau compresseur du modèle économique dominant, cela n’a pas empêché les participantes et participants de mettre en commun leurs connaissances et leurs expériences afin de réagir aux propositions présentées par les cinq réseaux organisateurs du Forum Autres voix … Autres choix … à savoir Économie autrement, l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC), les Éditions Vie économique, le Réseau pour un changement de logique économique (CLÉ), soutenus par le Service aux collectivités de l’UQAM.
Les discussisons ont permis de constater le consensus à l’effet que la situation actuelle en matière de gestion des finances publiques doit changer mais que les orientations à proposer devront découler de délibérations ouvertes à l’ensemble de la population et aux organisations qui les regroupent et les représentent.
Le six grandes propositions présentées et débattues en ateliers ont suscité des commentaires, suggestions de modifications et de précisions, des propositions nouvelles qui visent l’élaboration d’alternatives budgétaires pour 2011 mais aussi pour l’instauration de contextes favorables à des changements en profondeur choisis démocratiquement.
Le sentiment partagé que la population québécoise est présentement dépossédée des processus démocratiques sur lesquels s’étaient fondés de nombreux espoirs alimente la volonté de provoquer un revirement pour briser la fracture entre la population et le gouvernement. La nécessité de la solidarité collective et le rôle crucial de l’État ont été (ré)affirmés. Le Chantier est colossal puisqu’un individualisme rampant s’est insinué partout dans notre société et que le gouvernement québécois, loin de contrebalancer cet individualisme afin de jouer le rôle attendu d’un gouvernement, agit plutôt afin de l’exacerber. Les refus d’écouter la population dans ses demandes répétées – enquête sur l’industrie de la construction, moratoire sur les gaz de schiste, halte aux PPP, redevances sur l’exploitation des ressources, etc. – tout autant que les libéralités fiscales envers les plus riches contribuent à renforcer cette idée que le Québec est sur la pente glissante de la croissance des écarts entre les très riches et le reste de la population. N’est-ce pas le cas ailleurs dans le monde ?
En somme, il est plus que temps de se donner les moyens d’ébranler ce gouvernement et de remettre notre fiscalité au service de la solidarité collective. C’est le souhait exprimé pour la poursuite des travaux et des mobilisations.
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